L’agneau tient un livre dans lequel sont supposés être inscrits les fidèles ayant refusé le mal. Les baies fermées de gauche et de droite symboliseraient, l’une la violence des démons, l’autre, sous une arcade fleurie, le salut apporté par le Christ.
Sur l’un des chapiteaux de l’intérieur de l’église séparant le chœur de la chapelle de la vierge, un guerrier combat un dragon aux côtés d’une femme en tous points semblables à celle du portail. Sainte-Radégonde est certes moins imposante que Saint-Pierre d’Aulnay, mais n’en demeure pas moins l’émanation de la noblesse et de l’élégance de l’art saintongeais du XIIe siècle.
Le petit cimetière marin, attenant à l’église, a conservé quelques tombes anciennes sous forme de cénotaphes surmontant les sépultures, comme il en existe dans les vieux cimetières de la région; celui-ci se différencie toutefois par le fait qu’il est resté fidèle à sa vieille église.
Claude Masse disait de Talmont, « qu’on croyait qu’elle avait été bâtie des débris d’une ville qui était à l’est ». Elle n’a certainement pas été la seule. Des pierres, en provenance de Barzan la Romaine, puisqu’il s’agit d’elle, se retrouvent en effet dans la construction de l’église, l’aménagement de certains murs et des margelles de puits.
Talmont a échappé de justesse, en 1620, au dessein du cardinal de Richelieu qui voulait creuser un canal reliant la Seudre à la Gironde, projet qui aurait été un moindre mal comparé à celui des Américains. Ces derniers envisageaient de créer, en 1917, un port en eau profonde au pied de l’église, projet repris à une plus grande échelle, en 1935, prévoyant la réalisation d’un port avancé de Bordeaux. D’autres intentions s’inspirèrent plus tard de la proposition américaine et notamment celle, relativement récente, d’un pont enjambant la Gironde. Ils sont restés heureusement dans les cartons ! Sainte-Radégonde veillait sur son église. |