Mortagne et l’ermitage Saint-Martial
La commune de Mortagne a pris le nom de Mortagne-sur-Gironde en 1895, après avoir été, lors de l’occupation romaine, Mauritania, du nom d’un camp maure (Castrum Mauretaniae). On prétend que Charlemagne, à la poursuite des Maures, serait venu se reposer dans la « citadelle qui dominait le port ». Les seigneurs de Mortagne, à l’origine de la construction de l’imposant château de la ville, se succédèrent pendant de longues années jusqu’au jour où la seigneurie fut érigée en principauté. Le premier prince en titre, François de Montberon, vainqueur des Anglais, avait épousé Louise de Clermont, dame d’Aulnay et de Mortagne, en 1403. La place forte résista ensuite, difficilement, à l’occupation anglaise puis aux guerres de Religions.
Mortagne accueillit Louis XIII, en 1622, pour une courte étape, quelque temps avant que Charles de Matignon ne s’en sépare en la revendant au cardinal de Richelieu. Le dernier prince de Mortagne, Charles-Eugène de Lorraine, émigra en Autriche, au début de la Révolution.
Le curieux ermitage de Saint-Martial, creusé dans la roche, comprend un réfectoire, une cuisine et plusieurs cellules. Il aurait été créé vers le IIe siècle, lors du passage dans la région de l’ermite du même nom. On y accède par un escalier taillé, lui aussi, dans la falaise. La perle de l’ermitage reste sans conteste la chapelle monolithe. Son autel, le retable, le tombeau, le déambulatoire, la balustrade, les marches, la tribune… tout a été façonné dans la masse. Saint-Martial, contemporain des disciples du Christ et premier évêque de Limoges, s’en est allé finir ses jours en Limousin.