Le Fâ, grand port romain
Le Moulin du Fâ, à Barzan, est construit à l’emplacement d’une ville et d’un port romain - que l’on croyait être Norvioregum. En 1708, Claude Masse, géographe, mentionne les vestiges d’un théâtre, toujours en élévation, et ajoute : « aucun ne peut dire comment elle s’appeloi ». En 1971, le site sera re-découvert par Jacques Dassié, prospecteur aérien, et aujourdhui, chaque nouvelle fouille apporte aux archéologues de précieux indices sur la richesse et l’étendue du site.
Les travaux de recherches sont mis en valeur dans un musée contigu au chantier. Ils permettent de comprendre l’architecture de la ville, l’implantation des lieux publics et celle des thermes, reproduits par une imposante maquette au 1/10e. Une reconstitution d’amphores donne un aperçu de la dimension, mais aussi de la diversité, des échanges commerciaux pratiqués dans le port ; amphores à huile, à vin, à saumure indiquent les différentes provenances des produits.
Une carte commerciale précise la position stratégique du Fâ dans l'espace européen. Ainsi, pour éviter les côtes espagnoles, trop dangereuses, les navires venant de Méditerranée empruntaient les voies navigables et les routes du sud de la Gaule, « l’isthme gaulois ». Les bateaux remontant l’estuaire pouvaient par contre gagner l’Angleterre en toute sécurité.
Le chantier du Fâ a ne cesse d'évoluer. Outre le port, il laisse déjà deviner la mise au jour d'entrepôts, d'un théâtre, et finalement d'une ville dont la surface est estimée à 150 hectares. 150 hectares, c'était à l'époque la surface de Bordeaux (Burdiglia), de Poitiers (Lemonum ) ou de Saintes (Mélodianum Santonum).