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| Au
Midi-Atlantique, un Patrimoine international |
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Au
milieu des fluctuations politiques et religieuses de la France
du XVI et XVII ème siècles, les habitants d'Aunis et de Saintonge
exploitent de nouveaux débouchés commerciaux et démultiplient
les formes de connaissance.
Lenseignement élémentaire est alors particulièrement développé
en Charente-Maritime. Le taux dalphabétisation y est l'un
des meilleurs au sud de la ligne qui relie Avranches à Lausanne.
De "petites écoles" laïques se sont ouvertes à Saintes,
à La Rochelle, et dans les villes et les villages de l'actuel
Département.
Les Réformés vont mettre l'accent sur l'importance de l'enseignement.
Ils encourageront la fondation de "Grandes Ecoles"
et s'attacheront à la qualité de cet enseignement supérieur.
Dans cette dynamique, les cours de langues et l'enseignement
technique et scientifique connaissent, comme l'imprimerie, un
nouvel essor.
Des cours de langues
dans les "villes de commerce".
L'administration royale encourage l'enseignement des langues
vivantes. Il s'agit de priver les nouveaux convertis du "prétexte"
dont ils disposent pour envoyer leurs enfants à l'étranger.
Le 22 février 1700, le Ministre Ponchartrain écrira à lintendant
Bégon :
"Vous savez que pour ôter aux Nouveaux Catholiques le faux
prétexte denvoyer leurs enfants en Angleterre, Hollande
et autres pays pour apprendre les langues, sa Majesté a ordonné
quil serait établi des maîtres de langues dans les villes
de commerce".
De nouvelles compétences.
En Aunis et en Saintonge, où le commerce maritime connaît un
essor considérable, lenseignement des Jésuites ne permet
plus de satisfaire les besoins des armateurs et des négociants.
Leur activité requiert de nouvelles compétences.
Des cours dhydrographie sont établis, en 1691 à Rochefort,
en 1707 à La Rochelle.
De la même façon, en 1785, la Chambre de Commerce de La Rochelle
propose la transformation du collège de la ville en établissement
d'enseignement moderne :
"Il existe en France un très grand nombre de colèges latins,
dans lesquels on peut dire que le Français entre à peine pour
quelque-chose. Pourquoi nen convertirait-on pas au moins
un [..] pour la langue nationale, pour la navigation et pour
le commerce [..], dans lequel on réunirait une instruction publique,
et par-là moins coûteuse, dans la navigation et dans tout ce
qui peut en faire partie, dans la construction navale, dans
la géographie, dans lécriture, dans les mathématiques".
Entre les lignes, l'imprimerie.
Préparée
par le mouvement humaniste et par la volonté de rendre les écritures
saintes accessibles à tous, la Réforme bénéficie du développement
dune activité quelle encourage : limprimerie.
Les textes sacrés, les écrits des Réformateurs et de multiples
petits livres de propagande sont distribués en Aunis et en Saintonge.
Grâce aux marchands et aux marins, ces écrits seront diffusés
dans toute lEurope.
Les oeuvres de juristes éminents, tel René-Josué Valin, le commentateur
de la Coutume de La Rochelle et de l'Aunis, ou tel Armand Maichin,
qui possède une grosse imprimerie (1616-1671) à Saint-Jean-d'Angély,
seront publiés. À Rochefort, la librairie Faye s'est
spécialisée dans le commerce des livres de Marine. En 1765,
elle s'alarme de cette profusion :
"On voit fourmillé
les foires, les campagnes et les villes dune infinité
de colporteurs, imagiés, marchands de toute espèces qui, sous
prétexte quils peuvent vendre des almanachs, petites brochures
et petits livres dheures, empoisonnent le royaume des
mauvais ouvrages quils apportent de Genève, Avignon et
autres endroits où les impressions se font avec plus de liberté
que dans nos contrées et autres endroits policés". |
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