Tonnay-Charente possède l’un des plus anciens ponts suspendus de France, témoignant du savoir-faire des ingénieurs du XIXe siècle. Le document présenté est une lithographie réalisée par Charles Mercereau, vers 1850-60, qui montre l’ouvrage dans son aspect initial, tel qu’il fut mis en service en 1841, avec un tablier de 22 mètres de haut, suspendu à des câbles portés par des colonnes métalliques. L’ouvrage, d’une longueur de 635,40 mètres, avait déjà cette magnifique culée de pierre constituée de 51 arcades ogivales se déroulant sur 407 mètres.
En 1831, pour franchir la Charente, plusieurs projets de ponts sont proposés en remplacement du bac. Après avoir présenté un projet de pont tournant, Louis Dor, ingénieur en chef du département, propose un pont suspendu, système économique mis au point en 1828 par les frères Seguin, qui permettait de franchir de longues portées sans s’appuyer sur des piles, obstacles à la navigation. La première pierre du pont suspendu de Tonnay-Charente est posée le 18 février 1841. On frappe à cette occasion deux cents médailles commémoratives. Il sera inauguré le 21 avril 1842.
En 1850 cependant, le pont suspendu de la Basse-Chaîne à Angers s'écroule, révélant ainsi les points faibles de ce type de construction. Les préfets sont alors tenus de faire effectuer des visites annuelles aux ponts suspendus et de réglementer la circulation et les charges sur ces ouvrages. Le 21 août 1883, lors d’une mise à l’épreuve, sous une charge de chariots de sable, le tablier du pont de Tonnay-Charente se brise et tombe, heureusement au moment d’une pose des ouvriers.
On fait alors appel à l’ingénieur Arnodin qui conçoit un nouveau tablier avec un châssis de fer orné d’un garde corps ouvragé et des pylônes qu’il relie par des portiques ajourés. Le projet est élégant et surtout innovant par l’emploi du câble torsadé, beaucoup plus résistant que les fils parallèles initialement utilisés. Les anciennes piles de pierre et le viaduc ogival de la rampe sont gardés. Le pont est remis en service en 1885.
Dès sa construction, le pont suspendu de Tonnay-Charente, est un lieu de promenade et de contemplation d’un paysage dont il contribue à renforcer le pittoresque. Il est Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis le 30 juin 1987. Récemment restauré, il est désormais uniquement emprunté par les piétons et les deux-roues,
L’original du document présenté est à découvrir, parmi de nombreux plans d’ingénieurs, dans l’exposition Au fil des routes et canaux en Aunis et Saintonge autrefois, Archives choisies de l’aménagement d’un territoire .
A voir jusqu’au 2 avril 2010 aux archives départementales,
35 rue F. de-Vaux-Foletier à La Rochelle
Entrée libre du lundi au vendredi de 9h à 17h30.
Archives départementales de la Charente Maritime, 1 Fi Tonnay-Charente 4. |